Couple : Concilier famille et belle-famille

Par Margaux Rambert

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Le rôti du dimanche midi, les désaccords avec les beaux-parents, les vacances à partager entre sa famille et sa belle-famille… Former un couple, c’est aussi apprendre à composer avec deux « tribus » parfois très différentes. Les conseils de Christine Brunet, psychothérapeute, pour trouver sa juste place.

Sommaire
  1. Se détacher de sa famille d’origine
  2. Trouver la bonne distance
  3. Réinventer les traditions
  4. Gérer deux familles différentes
  5. Belle-famille : fuir les stéréotypes
  6. Grands-parents : poser les limites
  7. De précieux alliés

On ne choisit pas sa famille… Pas plus que sa belle-famille. Et nous sommes nombreux à la trouver soit trop critique, soit trop envahissante, ou à l’inverse, trop indifférente… Mais former un couple, c’est apprendre à composer. Avec ses propres parents, dont on doit s’éloigner pour construire notre vie amoureuse. Avec ses beaux-parents, que l’on « adopte » en s’unissant à leur enfant. Avec toute une myriade d’oncles, de tantes, de grands-parents… Autant de modèles qui influent sur nos histoires d’amour. A partir d’eux, les amoureux se lancent dans un subtil travail de tricotage entre deux histoires de famille. L’enjeu, pour Christine Brunet, psychothérapeute : « parvenir à créer son propre couple, sa propre famille ». A transformer son héritage familial « en réaménageant, à sa façon, les traditions, les rites, et en en inventant de nouveaux ».

Se détacher de sa famille d’origine

Pour aimer, on doit arriver à se séparer de sa famille d’origine, ne cessent de rappeler les thérapeutes. « On ne peut pas rester à vie l’enfant de ses parents. Devenir adulte, c’est garder ses marques d’enfant mais construire sa propre vie, penser et développer son autonomie, sa propre idée de réalisation de soi », explique Christine Brunet. La priorité de tout couple doit donc être la nouvelle famille qu’il est en train de créer. D’autant que le risque est grand quand l’un des partenaires reste sous l’emprise de sa famille d’origine ou que celle-ci finit par déterminer les choix du couple. « C’est un poison. Cela ne permet pas au couple de se former, d’imaginer des projets indépendants. Cela crée de la rancœur, de l’aigreur ». Et se répercute sur le désir de chacun envers son partenaire, sur l’éducation des enfants… Une source de nombreux conflits en perspective.

Se détacher de sa famille, c’est aussi savoir la critiquer. « De facon constructive. Il est important que chaque membre du couple puisse transmettre une part de son modèle familial. Mais pour voler de ses propres ailes, il doit savoir dire : « moi j’ai reçu cela, mais je veux faire comme ceci, je veux créer cela ».

Trouver la bonne distance

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Mère-fille : Avez-vous coupé le cordon ?

 

Pour autant, « couper le cordon » ne signifie pas couper les ponts. Bien au contraire. « Il ne s’agit pas de se désintéresser, de s’exclure de sa famille d’origine. Mais d’essayer de se mettre à la bonne distance. Tout en restant à l’écoute de son désir et de celui de son conjoint. » Qui sera d’ailleurs un précieux allié pour nous y aider. Cette juste place, c’est à chacun de la trouver. De l’inventer. « Elle se construit avec le temps, et sera peut-être un jour à remettre en question. Mais les relations familiales n’évoluent pas forcément dans le mauvais sens ! ». Et les moments passés en famille restent importants, même si l’on a quitté le nid depuis longtemps. « Ce sont des instants festifs, de retrouvailles, d’échange. » Une richesse aussi pour les enfants du couple, « qui peuvent ainsi savoir qui ils sont et d’où ils viennent ». A condition que ces moments ne relèvent pas que de l’obligation…

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